mercredi 19 août 2026

Et avec ça ?

Chouette furieuse

Aujourd'hui, petit passage à la pharmacie pour me réapprovisionner en médicament. Chouette, il y a peu de voitures sur le parking, ça devrait aller vite. Effectivement, au guichet, un très jeune pharmacien termine de servir une cliente. C'est à moi !

Je demande mon médicament. Il me fait répéter le nom. Trois fois. Soit c'est moi qui ne sait plus articuler, soit c'est lui qui entend mal, soit... il ne sait pas de quoi je parle. Ca commence bien ! Je lui désigne donc le dit médicament, qui trône sur l'étagère juste derrière lui. Voilà, il ne me reste plus qu'à payer. Ah non.

Mû par un élan de professionnalisme, le très (trop ?) jeune pharmacien se met à m'interroger : " Vous connaissez la posologie ? "

- " Oui, oui, j'ai l'habitude. "

" Mais, dites-moi, ça fait longtemps que vous avez besoin de ce médicament ? " 

- " Eh bien, oui, un certain temps.... Mais j'ai vu une médecin spécialiste, elle m'a dit que tout allait bien et qu'il n'y avait pas besoin de faire plus d'examens. "

- " J'ai l'impression que maintenant, ils ne font plus les explorations complémentaires tout de suite ", me sussurre-t-il. "Ils attendent que les symptômes s'aggravent..."

Hein ? Quoi ? Mais ça ne va pas de me dire des choses pareilles ? Ca ne se voit pas que je suis un peu hypocondriaque ? (bon d'accord, pas " un peu ", beaucoup serait plus juste). Apparement, ça ne se devine pas car il continue :

- " Et elle ne vous a pas prescrit de traitement de fond ? C'est bizarre quand même... "

Je bafouille : " Alors si, mais ça n'avait aucune efficacité. "

- " Ah bon ? Ca c'est étrange... "

Mais par pitié faites-le taire ! Il n'a pas idée du cataclysme qu'il est en train de déclencher ! Ca va se finir en journées à étudier le moindre micro-symptome, en nuits passées à éplucher les sites médicaux et à remettre en cause les compétences de tous les médecins que j'ai pu voir.

Tout ça pour un médicament en libre accès, que je prends maximum deux fois par mois !

J'inspire, j'expire, et je murmure : " Rajoutez-moi donc un médicament homéopathique contre l'angoisse... "


lundi 17 août 2026

Allo ?

Chouette consternée

Hier soir, en pleine balade de fin de journée (oui, parce qu'on se promène tous les jours, c'est une très bonne habitude pour rester en bonne santé), on s'est dit que ça faisait un moment qu'on n'avait pas eu de nouvelles de Grande Chouette.

- " Et si on lui téléphonait ? " ai-je proposé avec enthousiasme.

Aussitôt rentrés à la maison, nous nous sommes installés sur la terrasse, pour un appel familial. Le haut-parleur est activé, nous allons tous pouvoir échanger avec notre fille / soeur qui commence à nous manquer.

Le téléphone sonne. C'est un peu long. Ah, enfin ! Elle décroche !

- " Coucou Grande Chouette, c'est nous ! On appelle pour prendre de tes nouvelles. Comment vas-tu ? "

- " Très drôle ! " marmonne-t-elle au bout du fil. Et on est coupés. Enfin je pense qu'on est coupés. Elle ne nous aurait pas raccroché au nez ?

On s'interroge du regard... quand soudain du bruit retentit dans les escaliers et Grande Chouette arrive légèrement agaçée sur la terrasse : " Mais pourquoi vous téléphonez ? "

Ah oui, c'est vrai. Grande Chouette n'est pas dans son logement universitaire, ni en stage. Elle est en vacances. Dans sa chambre. Avec son téléphone et son ordinateur.

Et si vous avez une idée de comment on peut avoir de ses nouvelles, on est preneurs !

samedi 15 août 2026

Ma meilleure amie

Chouette triste

Il y a des interrogations qui durent des années.

Dans l'un de mes anciens boulots, j'avais de chouettes collègues. Et Nina. Un vrai coup de foudre amical. On se retrouvait avec joie le matin, on discutait après le travail, on parlait de nos maris, de nos enfants, on refaisait le monde, on écrivait, on se motivait, on se confiait, on était inséparables. 

Quand j'ai été en arrêt maladie pendant plusieurs mois, je n'ai plus eu de nouvelles de Nina. Et puis j'ai changé de travail sans la revoir. Pendant des années, je me suis demandée ce que j'avais pu faire (ou ne pas faire), j'ai échafaudé des hypothèses (et si quelqu'un jaloux de notre amitié lui avait raconté des horreurs ?) et je suis restée avec une sensation de malaise. Parce qu'on n'efface pas une amitié pareille en quelques jours. 

Une fois, je lui avais même dit : " C'est exactement comme ça que j'imagine une relation entre soeurs ". Après coup, je me suis dit que c'était peut-être cette confidence qui avait été de trop. On est pudique dans sa culture.

Deux fleurs

Cette interrogation m'a accompagnée pendant plusieurs années. J'avais besoin de comprendre.

Et puis j'ai revu Nina par hasard. Au détour d'un rayon de supermarché. Elle était heureuse de me voir, on a papoté, on s'est promis de se revoir, et ça m'a fait un bien fou. Elle ne m'en voulait pas ! Pendant toutes ces années je m'étais culpabilisée et elle me souriait, me parlait comme si on s'était vues la veille. 

Cette rencontre m'a enlevé un poids énorme. On s'est revues une fois. J'espérais qu'on redeviendrait amies comme autrefois mais elle ne m'a pas recontactée (et moi je ne sais pas bien comment faire ce genre de chose).

C'est au début de l'année suivante que tout s'est éclairé. Nina m'a envoyé un message photo pour me souhaiter une bonne année. Sur le cliché, un portrait d'elle, souriante, à côté... d'une femme. 

Et là j'ai compris. Qu'il y a des années, je l'avais blessée. Sans le vouloir. Que le " Tu es comme une soeur pour moi " que j'avais prononcé comme un compliment ultime, avait dû avoir pour elle la violence d'une balle. 

Je n'avais pas réalisé. Je suis désolée, même si ça n'aurait rien changé. Je me souviens (oui, j'ai eu une vie sentimentale pourrie avant de rencontrer le Hibou) combien l'amour à sens unique peut faire mal. 

Je serai toujours là pour Nina, avec mon amitié intacte. Mais je comprends qu'elle reste éloignée si ça ne lui suffit pas.

Alors, de loin, je lui souhaite une vie aussi belle que son âme. 

Montagnes enneigées



mercredi 12 août 2026

Le caillou

Chouette heureuse

Je vous ai dit que j'avais fait du tri dans le grenier de mes parents ? Parce qu'apparemment il y avait plein de cartons à moi là-bas. Ca m'étonne... 

Trois heures de poussière plus tard, il apparait effectivement que la grande majorité des affaires entreposées étaient les miennes (mais j'ai aussi trouvé un tableau et deux livres de partitions pour saxophone qui appartiennent à l'une de mes soeurs. Comme quoi il n'y a pas que moi qui laisse trainer des choses pendant des années. Et toc ! )

J'ai retrouvé des vieux chéquiers, des feuilles de cours, plein de vêtements des Minis-Chouettes petites (oui je vais les donner, non je ne suis pas nostalgique).... et cette pépite...

Caillou moche peint

J'ai un coté artiste. Depuis toute petite, je cherche à dessiner, peindre... sans véritablement obtenir de satisfaction. Parce qu'entre ce que j'ai en tête et ce qui sort sur le papier, il y a, comment dire ? Un gouffre. J'ai pris des cours de dessin, un temps. Et puis j'ai rencontré le Hibou. Ca m'a freiné net. Jamais je n'arriverai à l'ongle du doigt de pied de la cheville de mon artiste de mari.

Donc ce magnifique caillou peint à la main, qui représente mon père (si, si), à votre avis je l'ai peint quand ? A 5 ans ? A 8 ans ? Non. J'avais 15 ans. Les Minis-Chouettes ont bien rit devant mon oeuvre. Quant au Hibou, il a trouvé ça " artistique " (vous comprenez pourquoi je l'aime ? ).

Je vais continuer à écrire. Je crois que c'est plus prometteur ! 

lundi 10 août 2026

Coup de mou

 

Chouette triste

C'est l'été, les vacances, il fait beau, il fait chaud et... j'ai un gros coup de mou.

Début juillet, j'ai eu un petit souci de santé en regardant la télévision (on ne juge pas ! ). D'apparition brutale, avec pompiers, urgences et bilan de santé complet. A priori tout va bien. 

Mais moi ça m'a complètement chamboulée. Parce que la Chouette aime ce qui est prévisible, ce qu'elle peut maîtriser et controler. Et là, pour le coup... c'était tout l'inverse !

Je ne vous dis même pas le nombre de questions qui tournent en permanence dans ma tête depuis. 

Nuages gris

Et ça a des conséquences concrètes : je comptais faire des sorties à la journée cet été avec les Minis-Chouettes. J'en ai prévu une... que j'ai annulée la veille. Impossible de partir à 100 km de la maison, même en train, même pour un jour.

J'avais envisagé un ou deux " week-ends " avec Petite Chouette (parce que le Hibou et Grande Chouette sont très, très casaniers). J'ai cherché, j'ai élaboré un programme que j'ai fait valider par Petite Chouette pour au final... lui annoncer que je n'arrivais pas à cliquer sur " Réserver ". Je ne peux pas. C'est physiquement impossible. Même pour partir une nuit à 50 km de chez nous.

Je me retrouve complètement bloquée. J'ai l'impression de repartir des années en arrière. Avec une différence : la culpabilité. Parce que ça ne touche pas que moi. J'ai promis, j'ai fait miroiter des choses, et puis... rien. 

Alors oui, les Minis-Chouettes sont grandes maintenant. Elles peuvent comprendre. Elles me disent qu'elles comprennent d'ailleurs. Mais moi, je me déçois.

Et je culpabilise. Donc je réfléchis. Donc je ne dors pas. Donc le lendemain je suis encore moins bien. En plus maintenant j'ai peur quand je regarde la télé (on ne juge pas, j'ai dit ! )

On a tenté la sophrologie avec Petite Chouette. J'avais de vieux CD enregistrés par ma prof de l'époque (coucou Elisa 💙). Ca marche bien. Jusqu'à ce que le voisin décide d'utiliser sa perceuse pour parfaire sa décoration intérieure.

On va tenter les sorties à la journée. Avec un but précis peut-être (parce que j'ai réussi à aller passer un casting avec Grande Chouette sur une demi-journée. Et que ça s'est bien passé. Oui, je vous raconterai.)

Je vais y arriver. Peut-être. Même si je ne me sens plus en sécurité hors de chez moi. Alors que c'est précisément chez moi que c'est arrivé !

Allez comprendre, la Chouette est compliquée...

samedi 8 août 2026

La danse de la honte

 

Chouette consternée

Il m'est arrivé une mésaventure dans mon supermarché.

J'étais au rayon chips avec Petite Chouette, quand soudain, les hauts-parleurs se sont mis à diffuser une mélodie plus qu'entraînante : "Daddy cool" de Boney M. (c'est ça) :) Vous me connaissez : je ne résiste pas à ce genre de chanson., même en public. Habituellement je me mets à taper du pied discrètement, voire à chanter à voix basse (toujours trop fort d'après les Minis-Chouettes). 

Mais là... le rayon chips est désert...

Rayon de supermarché
La preuve

Ni une, ni deux, je commence à danser en moulinant des bras et en fredonnant, sous l'oeil amusé de Petite Chouette, que j'essaie d'entraîner à m'imiter (plus discrète, elle chantonne mais ne bouge pas).

C'aurait pû être un chouette moment si tout à coup, une jeune femme n'était pas apparue au bout du rayon. Elle m'a vue. C'était notre ancienne voisine. Elle a changé de tête et fait demi-tour illico. 

Nous, ça nous a fait beaucoup rire, même si on a rapidement changé de rayon.

Encore un épisode qui ne va pas arranger notre réputation !


mercredi 5 août 2026

Numéro masqué

 

Chouette énervée

Ca fait longtemps que je n'ai pas poussé un coup de gueule. C'était trop beau !

Aujourd'hui, pour la troisième fois de la journée, un numéro masqué m'a appellée. S'en est suivi un dialogue de sourds. 
Parce que oui, j'ai décroché. D'après mon expérience, les numéros masqués, ce sont des appels de médecin. Donc, c'est important. Je pourrais laisser sonner et ils laisseraient un message, mais allez réussir à les joindre ensuite ! Donc je décroche.

Au bout du fil, une dame.

Correspondant inconnu
C'est elle !!!

" Oui, bonjour madame la Crêpe ? " (Allez savoir pourquoi, à chaque fois ils ne sont pas fichus de prononcer mon nom correctement ! )

" Bonjour, vous êtes quel médecin ? "

" Désolée madame, ça n'est pas un médecin, c'est La fée électricité Consulting.

" Mais pourquoi vous appelez en numéro masqué ? " (vous sentez mon désarroi ? ).

" C'est pour des raisons de sécurité, on vous appelle avec un IP sécurisé. " 

" Un quoi ? " Je ne suis peut-être pas très calée en téléphonie mais les IP il me semble que c'est pour les ordinateurs, non ? 

Je prends sur moi (plus ou moins). " Ca fait trois fois que vous m'appelez aujourd'hui ! "

" Moi ??? Valérie de La fée électricité ? Vous êtes certaine ? " (ah ben c'est sûr que si on rentre dans les détails, ça n'était peut-être pas Valérie tout à l'heure).

Je commence à me tendre... " Donc vous êtes La fée électricité ? Mais vous appelez pourquoi ?  Ca n'est pas vous notre fournisseur d'énergie. "

Petit soupir énervé de la dame... " Non mais vous m'avez mal comprise, je ne suis pas La fée électricité. Je suis c o n s u l t a n t e pour La fée électricité ".

" Et donc vous appelez pour ? Parce que ce n'est pas vous notre... "

La dame me coupe avec un soupir excédé. Visiblement mes questions ne sont pas prévues dans son script. " Donc madame la Crêpe, j'ai quelques questions à vous poser. "

" Mais pourquoi vous m'appelez alors que vous n'êtes pas notre... Allo ? Allo ? "

Elle m'a racroché au nez. Sans me répondre. 

Et après on va encore dire que je suis tout le temps énervée !

Nota Bene : Pour éviter que cette mésaventure se reproduise j'ai voulu bloquer le numéro, mais devinez quoi ? On ne peut pas bloquer un numéro masqué !